Ugo Didier : « Je vise les jeux de Tokyo en 2020 »

A 16 ans, Ugo Didier est devenu champion du monde du 100m dos à l’occasion de sa première expérience professionnelle. Entretien avec un jeune lycéen devenu l’une des nouvelles têtes d’affiche de la natation paralympique.

Bonjour, vous vous entraînez depuis l’âge de 8 ans à la piscine de la Ramée. Est-ce un choix de votre part ?

« Évidemment, il s’agit d’un choix de ma part. J’ai commencé à la piscine de La Ramée parce qu’elle n’est qu’à 5 minutes en voiture de chez moi. Mes entraînements y ont toujours payé et pour l’instant je ne vois aucune raison de changer de lieu d’entrainement et surtout d’entraineur. Je suis amplement satisfait.

Quelle relation avez-vous avec votre coach, Samuel Chaillou ?

Samuel Chaillou m’entraîne depuis maintenant 4 ans et nous avons une relation basée sur la confiance. Depuis que je nage avec lui, notre collaboration est source de bons résultats. Je suis très reconnaissant envers lui car il s’engage au quotidien pour sans cesse améliorer mes performances. Par exemple, il a pris de son temps libre pour m’accompagner à plusieurs championnats de France.

Vous êtes actuellement en terminale S, comment gérez vous votre carrière en parallèle ?

C’est vrai qu’avec le bac à la fin de l’année je dois faire des choix. Je ne sors que très peu avec mes amis car je privilégie les entraînements. Je dois travailler beaucoup les weekends dès que j’ai le temps je m’avance je fais des fiches. La semaine quand je rentre du lycée je n’ai pas le temps d’ouvrir mes livres. Pour pouvoir concilier entraînement et terminale, je dois m’avancer un maximum. Pour partir à Mexico j’ai raté deux semaines de cours, je me suis donc arrangé avec les professeurs ainsi que mes camarades pour avoir la majorité des cours en amont et pouvoir (un peu) travailler  au Mexique et ne pas être en retard.

« J’ai découvert que je pouvais pratiquer le handisport grâce à une rencontre dans un club de vacances »

Comment s’est déroulée la victoire au bassin olympique Francisco Marquez, au Mexique ?

Nous sommes arrivés au Mexique 5 jours avant la compétition pour pouvoir nous préparer au mieux. Il fallait gérer le décalage horaire, l’altitude ainsi que la pollution. C’est une ville vraiment différente de là où j’habite. Durant ces 5 jours nous nous sommes entraînés afin de maximiser la performance. Ma première épreuve était le 100 mètres dos, mon épreuve de prédilection où j’espérais performer. Je réalise mon meilleur temps dès les séries et j’arrive encore à l’améliorer en finale.

Qu’avez vous ressenti lors de votre sacre ?

Juste à l’arrivée de ma course je ne parviens pas à voir que je suis champion du monde car je suis myope, les temps en direct sont affichés tout au fond de la piscine, à 50 mètres à l’opposé de moi. Il faut donc attendre que je rejoigne la zone mixte puis que je mette mes lunettes de vue et enfin que je regarde les résultats et je vois enfin que je gagne !. Je n’ai pu que très peu profiter de ce moment car un contrôleur anti dopage est venu m’entreprendre juste après ma sortie du bassin !

À votre retour vous avez reçu un certain hommage dans votre lycée. Comment l’avez-vous vécu ?

Dès mon premier jour au retour du lycée, à la première heure, la proviseur du lycée m’a accueilli personnellement pour me féliciter. On est allés ensemble dans la classe où j’avais cours et professeurs et élèves ont chanté la Marseillaise. Certains de mes amis ainsi que la proviseur ont réalisé une grande affiche avec ma photo et un message de félicitations. Tout le lycée a pu voir cette affiche et c’était pour moi un grand honneur, une grande fierté de représenter le lycée Françoise de Tournefeuille. J’en suis très reconnaissant.

Vous rejoignez l’handisport à 14 ans, comment ça s’est passé et pourquoi ?

J’ai commencé l’handisport d’une manière plutôt anodine. En effet je ne savais pas que je pouvais concourir en tant que nageur paralympique car je ne pensais pas être assez handicapé. J’ai découvert que je pouvais pratiquer le handisport grâce à une rencontre dans un club de vacances. Une nageuse, amputée d’une partie d’un membre m’a parlé de l’handisport sport et j’ai voulu tenter l’aventure. Rapidement, j’ai commencé mes premières compétitions.

Quel(s) projet(s) avez-vous après le BAC ?

Même si c’est un peu flou je souhaiterais intégrer l’INSA à Toulouse C’est une école d’ingénieur généraliste qui me permettrait de concilier mon projet sportif et d’études. Je n’ai pas d’idées précises de métier.

Et enfin, le prochain objectif pour vous est 2020. Vous vous y préparez déjà ?

En effet, je vise les jeux de Tokyo en 2020 même si ils ne sont que dans 2 ans. C’est pour moi un objectif majeur ! Pour l’instant je me focalise sur mes championnats de France qualificatifs pour les championnats d’Europe où mon objectif est d’y faire une médaille. Je garde dans un coin de ma tête Tokyo qui représente pour moi le rêve absolu ».

Clarisse Agbegnenou : « Pour 2024, il est encore trop tôt »

Double championne du monde et d’Europe ainsi que vice-championne Olympique à Rio, Clarisse Agbegnenou est la judokate française qui a la côte. À 25 ans, le seul titre qui lui manque est la médaille d’or aux Jeux Olympiques. Une quête qui commence avec des participations lors de Grand Slams, catégorie -63kg, comme celui de Paris le 10 février dernier.

Bonjour Clarisse, il y a deux semaines vous vous êtes imposée à Paris, votre 4ème victoire à domicile. Est-ce toujours un rendez-vous spécial à vos yeux ? 

« On me l’a dit juste après être sortie du tatami. Je ne me suis pas rendu compte qu’il s’agissait déjà de ma 4ème victoire. C’est toujours génial d’être devant le public parisien et devant mes proches. L’ambiance à Bercy est géniale, on se sent vraiment à la maison. Même si j’étais très fatiguée, je suis rentrée sur le tatami en toute décontraction et avec beaucoup d’énergie.

Le judo français connait une génération dorée avec notamment Audrey Tcheuméo qui s’est aussi imposée à Paris en -78kg et la superstar Teddy Riner. Vivons-nous la plus belle période du judo français ?

C’est vrai qu’actuellement nous avons de bons résultats que ce soit Audrey Tcheuméo, Emilie Andéol, Amandine Buchart ou encore Automne Pavia. Teddy Riner est à part, mais c’est vrai que nous avons une superbe génération féminine qui arrive et qui est très forte. C’est toujours sympa de gagner et de voir que tes amies gagnent aussi, ça nous boost ! On a encore plus envie de gagner.

Le judo est reconnu pour ses valeurs, son histoire et sa culture. Qu’est-ce que vous apporte le judo ?

Ce qui est bien avec le judo, c’est que le combat est une période de défoulement intense. Quand j’arrive sur le tatami, je sais que je peux me lâcher et j’aime ça. Le judo est un sport qui a des traditions et des valeurs comme le respect et l’humilité. Cela m’a aidé depuis que j’ai commencé le judo, ça m’aide beaucoup pour me canaliser.»

“Même si je n’ai que 25 ans, je commence déjà à sentir que je ne suis plus si jeune que ça“

À quel moment vous êtes-vous rendu compte de votre potentiel de championne parmi les meilleures de votre catégorie ?

Au départ, je ne m’en rendais pas compte. Je ne pensais même pas que j’allais faire du judo encore aujourd’hui. Quand j’avais 13/14 ans, je commençais à ne plus avoir de vacances, je faisais beaucoup de stages avec mon club de judo, je participais à pas mal de compétitions. Le moment où j’ai compris que j’étais forte, ce fût lors de ma victoire lors des championnats du Monde en cadet (ndlr : 2008). Avant je faisais ça pour le plaisir. Depuis, j’ai eu la chance d’enchaîner les victoires.

A 25 ans, avez-vous toujours la même envie ? 

Pour être honnête, je prends toujours du plaisir à faire du judo mais je ne peux pas faire comme si je ne le considérais pas comme un boulot. C’est mon gagne-pain. J’ai déjà fait beaucoup de sacrifices, mais j’apprécie toujours autant être sur un tatami, sinon j’aurai abandonné depuis bien longtemps.

Avec toutes vos victoires vous avez désormais une certaine notoriété …

Ça me fait toujours bizarre. On va pas se le cacher, je ne suis pas Beyoncé ou je ne sais qui d’autres (rires). Je trouve que je suis une personne totalement banale, je suis comme tout le monde. Après, ça me fait plaisir d’être reconnue de temps en temps et de faire des photos avec les gens. La notoriété ne me change pas beaucoup.

Dans deux ans, vous serez au pays du Judo à Tokyo. Pensez-vous ensuite faire les Jeux à domicile à Paris en 2024, à 32 ans ?

C’est incroyable de pouvoir participer aux Jeux de Tokyo avec les filles. On sait que les épreuves de Judo sont très attendues là-bas. On s’attend à ce que les japonaises soient très fortes. Pour Paris 2024, il est encore trop tôt pour que je sache si j’y serais. Même si je n’ai que 25 ans, je commence déjà à sentir que je ne suis plus si jeune que ça. Ma récupération prend plus de temps, je commence à fatiguer encore plus. Mais l’idée est dans un coin de ma tête et on verra ça plus tard.

Avez-vous une idée de votre vie après le judo ?

J’aime beaucoup travailler avec les gens, j’aime le relationnel. Je pense que j’aimerai bien être coach de vie, j’étudie pour cela. Pour l’instant je ne me vois pas continuer dans le monde du judo mais on ne sait jamais.

Pour finir, comment se démarquer dans votre sport ?

Je pense que j’arrive à me démarquer par mes victoires et mon style de judo. J’ai toujours envie de gagner. Toujours plus! J’ai mes petites choses qui me permettent de me différencier. Quand j’entre sur le tatami, j’ai mes grigris, j’entre en transe dans une certaine manière, c’est comme ça que je me sens à l’aise. »

 

Anatole, le skate de Paris à Barcelone

 

Portrait –  A Paris, place de la République, ce jeune étudiant passionné de skate se livre sur son quotidien. Après avoir effectué ses premiers pas en Catalogne, Anatole fait face à des contraintes en France. Alors que Paris accueillera les Jeux Olympiques en 2024, cette nouvelle discipline olympique (depuis l’été 2016) pourrait faire son apparition dès 2020 à Tokyo. Pour l’heure, où en est Paris avec le skateboard ?