Nelson Monfort : « Khachanov finira dans le Top 5 d’ici quelques mois »

A 22 ans, Karen Khachanov a remporté son premier Masters 1000, dimanche dernier à Bercy. Après sa victoire face à Novak Djokovic, le Russe rejoint Marat Davydenko, Nikolay Chesnokov et son idole Marat Safin. Une promesse du tennis mondial décryptée par Nelson Monfort, journaliste sportif culte de France Télévision.

A titre personnel, comment avez-vous vécu le sacre de Khachanov à Bercy ?

« Je l’ai très bien vécu car il s’agissait d’une demi-surprise, compte tenu des circonstances et du magnifique match de Djokovic en demi, face à Federer. Je pense que le Serbe a accusé un coup de fatigue après avoir joué 3 heures la veille. Il s’en remettra d’ici une semaine et le Masters de Londres (ndlr : du 11 au 18 novembre).

Bien que cela se soit déjà produit, est-ce étonnant qu’un vainqueur soit situé en dehors du Top 15 ATP ?

C’est assez surprenant dans un Masters 1000 et surtout rare pour un joueur classé en 22e position! Et puis en quart, Khachanov aurait pu être éliminé face à l’américain John Isner et 2 balles de match, donc ça ne tient pas à grand chose et c’est souvent ainsi dans le sport.

La dernière victoire d’un Russe remonte à 2009. Assiste t-on au retour d’une figure montante de la Team Russie ?

J’en suis persuadé, Karen Khachanov a tout pour réussir. Son service est exceptionnel notamment sur surface rapide, on l’a d’ailleurs vu durant le tournoi. Malgré sa grande taille il a une grande rapidité, bon en fond de cours et monte au filet quand il le faut. C’est un joueur spectaculaire qui finira dans le Top 5 d’ici quelques mois. On tient là une étoile du tennis mondial.

« Si on se revoit dans un an, je serai très étonné que Khachanov ne figure pas dans le Top 3. »

Il s’agit du 11e joueur à remporter son premier masters à Bercy, en quoi ce tournoi se démarque t-il des autres ?

Il s’agit d’un tournoi de fin d’année, après 10 mois de saison, la fatigue fait que certains outsiders peuvent s’imposer. On assiste à beaucoup plus de surprises en novembre qu’en avril.

Quel a été votre coup de coeur durant le tournoi ?

Karen Khachanov m’a séduit. Lors de la finale, bien qu’il s’agisse de sa plus belle victoire, il n’en a pas rajouté en sautant dans tous les sens. Dans sa tête, c’est une étape. Désormais son objectif est la première place mondiale. Si on se revoit dans un an, je serai très étonné que Khachanov ne figure pas dans le Top 3.

Petit point français, les éliminations de Nicolas Mahut et Pierre-Hugues Herbert vous ont-elles inquiété ?

Si vous me posez la question vis à vis de la Coupe Davis, les éliminations en simple ne sont pas une bonne nouvelle mais en double c’est quand même autre chose. Plus généralement la très mauvaise saison des tennisman français m’inquiète. Aucun n’a dépassé les huitièmes d’un grand Chelem. Si la France remportait la Coupe Davis (ndlr : du 23 au 25 novembre), il s’agirait vraiment de l’arbre qui masque la forêt.

Pour finir, quel rendez-vous sportif attendez-vous prochainement ?

L’automne est un peu plus calme. Avec l’ami Philippe (Candeloro) nous allons reprendre le patinage artistique avec le trophée de France, à Grenoble (ndlr : du 23 au 25 novembre). C’est un sport qui plait aux téléspectateurs en fin d’année et contrairement au tennis, nous avons de grands espoirs en danse mais aussi en Coupe. »