XP : la nouvelle école de l’esport

Lors de la dernière Paris Games Week, le groupe IONIS a dévoilé le lancement d’une nouvelle école, axée notamment sur l’esport. Directeur national des études de l’ISEFAC Bachelor, Sylvain Gandolfo dévoile XP.

En référence aux points acquis dans les jeux vidéos, XP est « une école en 5 ans, avec un cursus Bachelor en 3 ans et un cursus MBA en 2 ans dont l’objectif est de former des managers 360° dans le secteur du gaming » nous dévoile Sylvain Gandolfo, futur directeur des études. L’école s’appuie sur « les expertises du Groupe IONIS à savoir Epitech, e-artsup et l’ISG ». 

Pour Sylvain Gandolfo, directeur des études, la place des jeux vidéos est inédite dans l’hexagone : « Le jeu vidéo touche aujourd’hui toutes les tranches de la population. Le phénomène esport est la résultante de ces éléments, il est logique qu’après une diffusion assez confidentielle des compétitions sur les Web TV, les médias plus généralistes se penchent sur le phénomène ».

En plein âge d’or, le gaming est « l’un des loisirs les plus populaires en France. C’est désormais la première industrie culturelle en France et aussi l’un des secteurs les plus dynamiques de notre économie» explique Sylvain Gandolfo .

Dans le même temps, le marché français fait face à la concurrence international : « Au niveau international, la domination asiatique est indéniable mais les Etats-Unis et l’Europe comblent petit à petit leur retard. La France un des pays les plus dynamiques sur le continent avec la Russie et la Suède. Le marché européen de l’esport devrait atteindre près de 400 millions de dollars en 2019, pour un marché mondial atteignant plus d’1 milliard ».

L’International Esport & Gaming School ouvrira ses portes à partir de septembre 2019, avec ses campus à Paris, Lille et Lyon.

Florent Vernet : « L’analyse vidéo devient incontournable »

En pleine Coupe du monde, l’arbitrage vidéo est dans toutes les têtes et sur toutes les bouches. En France, si de nombreuses start-up ont ciblé ce marché en développant des logiciels d’analyse vidéo, une jeune structure lyonnaise sous le nom d’Apoll.one a joué une autre carte. Celle d’une caméra autonome sans caméraman. Entretien avec Florent Vernet, co-fondateur du projet.

Quel a été l’élément déclencheur du projet ?

« Mon associé, Mickael Bolnet et moi-même venons de deux disciplines différentes (handball et football) et les présidents et entraîneurs de nos clubs respectifs avaient du mal à trouver un bénévole pour filmer les matchs. C’est à partir de cette problématique que nous nous sommes dit qu’il y avait peut-être quelque chose à creuser. Par la suite, nous avons créé un questionnaire sur Internet pour différents clubs de football de France, afin de savoir si le problème était général et c’était le cas. Nous avons ensuite rencontré un second cas de figure. Faute de matériel, les bénévoles fournissent un contenu de match de faible qualité. Pour essayer de répondre à ces besoins et de trouver une solution, nous avons eu l’idée de proposer une caméra autonome.

« Exporter une vidéo panoramique du terrain permet déjà à l’entraîneur d’avoir un support pédagogique »

Justement, comment fonctionne cette caméra ?

Elle ne nécessite pas la présence d’un caméraman. L’outil se positionne sur un trépied montant jusqu’à quatre mètres de haut, derrière le banc de touche et en face de la ligne médiane. La caméra filme à 180° et reste fixe. Pendant le match, l’entraîneur peut prendre des notes sur l’application Apoll.one. A la fin de la rencontre, ce dernier récupère la caméra et la branche à son ordinateur. Après le téléchargement de la vidéo, un logiciel va produire la vidéo panoramique et le suivi de l’action.

« Pour le démarrage, nous avons ciblé en priorité le football amateur (du National 3 au Départemental 1) »

Le logiciel permet-il d’obtenir des statistiques (nombre de kilomètres parcourus, nombre de duels gagnés, passes décisives etc) ?

Non pas encore, car nous devons d’abord travailler sur notre logiciel de reconnaissance des joueurs, pour pouvoir les identifier sur telle ou telle action. Une mise à jour du logiciel se fera d’ici 2019. Toutefois, exporter une vidéo panoramique du terrain permet déjà à l’entraîneur d’avoir un support pédagogique, de faire une analyse technique de chacun de ses joueurs, mais aussi de faire la promotion de son club en partageant les meilleures actions sur les réseaux sociaux. L’analyse vidéo devient de plus en plus incontournable aujourd’hui, d’autant plus dans le football.

Depuis janvier, vous avez entamé un tour de France. Quelle(s) discipline(s) avez-vous ciblée(s) ?

Pour le démarrage, nous avons ciblé en priorité le football amateur (du National 3 au Départemental 1). D’ici peu, nous nous ouvrirons au rugby, au handball, au hockey sur glace et au basketball.

Un club s’est déjà doté de votre caméra, l’Espérance Saint-Jean-des-Champs basé en Normandie. D’autres structures pourraient être séduites d’ici la saison prochaine ?

Il y a des chances que les clubs que nous avons sollicités achètent notre produit. Nous en avons déjà rencontré une dizaine en France (région du Grand Est, nord et sud-ouest du pays) ».