Florent Vernet : « L’analyse vidéo devient incontournable »

En pleine Coupe du monde, l’arbitrage vidéo est dans toutes les têtes et sur toutes les bouches. En France, si de nombreuses start-up ont ciblé ce marché en développant des logiciels d’analyse vidéo, une jeune structure lyonnaise sous le nom d’Apoll.one a joué une autre carte. Celle d’une caméra autonome sans caméraman. Entretien avec Florent Vernet, co-fondateur du projet.

Quel a été l’élément déclencheur du projet ?

« Mon associé, Mickael Bolnet et moi-même venons de deux disciplines différentes (handball et football) et les présidents et entraîneurs de nos clubs respectifs avaient du mal à trouver un bénévole pour filmer les matchs. C’est à partir de cette problématique que nous nous sommes dit qu’il y avait peut-être quelque chose à creuser. Par la suite, nous avons créé un questionnaire sur Internet pour différents clubs de football de France, afin de savoir si le problème était général et c’était le cas. Nous avons ensuite rencontré un second cas de figure. Faute de matériel, les bénévoles fournissent un contenu de match de faible qualité. Pour essayer de répondre à ces besoins et de trouver une solution, nous avons eu l’idée de proposer une caméra autonome.

« Exporter une vidéo panoramique du terrain permet déjà à l’entraîneur d’avoir un support pédagogique »

Justement, comment fonctionne cette caméra ?

Elle ne nécessite pas la présence d’un caméraman. L’outil se positionne sur un trépied montant jusqu’à quatre mètres de haut, derrière le banc de touche et en face de la ligne médiane. La caméra filme à 180° et reste fixe. Pendant le match, l’entraîneur peut prendre des notes sur l’application Apoll.one. A la fin de la rencontre, ce dernier récupère la caméra et la branche à son ordinateur. Après le téléchargement de la vidéo, un logiciel va produire la vidéo panoramique et le suivi de l’action.

« Pour le démarrage, nous avons ciblé en priorité le football amateur (du National 3 au Départemental 1) »

Le logiciel permet-il d’obtenir des statistiques (nombre de kilomètres parcourus, nombre de duels gagnés, passes décisives etc) ?

Non pas encore, car nous devons d’abord travailler sur notre logiciel de reconnaissance des joueurs, pour pouvoir les identifier sur telle ou telle action. Une mise à jour du logiciel se fera d’ici 2019. Toutefois, exporter une vidéo panoramique du terrain permet déjà à l’entraîneur d’avoir un support pédagogique, de faire une analyse technique de chacun de ses joueurs, mais aussi de faire la promotion de son club en partageant les meilleures actions sur les réseaux sociaux. L’analyse vidéo devient de plus en plus incontournable aujourd’hui, d’autant plus dans le football.

Depuis janvier, vous avez entamé un tour de France. Quelle(s) discipline(s) avez-vous ciblée(s) ?

Pour le démarrage, nous avons ciblé en priorité le football amateur (du National 3 au Départemental 1). D’ici peu, nous nous ouvrirons au rugby, au handball, au hockey sur glace et au basketball.

Un club s’est déjà doté de votre caméra, l’Espérance Saint-Jean-des-Champs basé en Normandie. D’autres structures pourraient être séduites d’ici la saison prochaine ?

Il y a des chances que les clubs que nous avons sollicités achètent notre produit. Nous en avons déjà rencontré une dizaine en France (région du Grand Est, nord et sud-ouest du pays) ».